iintroduction
Les thèmes de l'Association traités en 2010 exigent un grand travail de recherche et de transcription. De ce fait, les résultats en apparaîtront au fur et à mesure du travail effectué par les membres du Comité.
Parmi les priorités, d'une part la transcription des témoignages que Martine Libertino a récoltés lors de ses voyages en ex-Yougoslavie, d'autre part ses propositions concernant l'éducation dans les pays occidentaux et dans les pays en développement, en conflits ou sortant de conflits ainsi que des réflexions qui en résultent.
bilan et témoignage sur l'ex-yougoslavie
Lors de sa demande de paix, de 1993 à 1995, Martine Libertino est partie trois fois en ex-Yougoslavie (voir également Kosovo et pétition pour une Suisse neutre).
Elle explique sa démarche ainsi :
Je souhaitais démontrer qu'aucun peuple ne mérite d'être mis au ban de la société à cause de son gouvernement et qu'un regard manquant de neutralité ne pouvait que faire souffrir ; les accusés comme les accusateurs.
Je souhaitais également voir et démontrer que diaboliser un gouvernement en taisant les exactions d'un autre n'apportait qu'injustices et frustrations.
Aujourd'hui encore, en 2010, le grand public connaît les accusations de crimes de guerre contre Slobodan Milocevic par le Tribunal Pénal International, mais qui connaît le nom du Président croate Franjo Tudjman dont les responsabilités dans cette guerre ne sont plus à prouver ? Pourquoi l'inculpation de plusieurs croates de crimes de guerre passe-t-elle inaperçue ? Parce que ce que l'on appelle la désinformation ne montre jamais la réalité. Elle nous offre au contraire ce que nous voulons entendre et qui nous rassure sans que nous ayons besoin de réfléchir aux causes et aux conséquences de notre jugement.
Je voulais d'autre part apporter un message d'amour et de paix à un peuple qui avait perdu espoir et se sentait diabolisé, méprisé et rejeté.
Je désirais enfin revenir d'ex-Yougoslavie en apportant le témoignage de cette détresse et de cette injustice.
transcription des entretiens
Lors de ces voyages, Martine Libertino a récolté une quinzaine de cassettes dont les entretiens avec différentes personnalités de la société civile, institutionnelle et avec des réfugiés fuyant la Croatie ou demeurant dans le camp de Pancevo ont un devoir de mémoire.
L'Association s'engage en 2010 à transcrire le contenu de ces cassettes et leur traduction par Nada Simic (Conseillère de Madame Bratislava Morina, Directrice du Haut-Commissariat aux Réfugiés de Belgrade) qui accompagnait Martine Libertino lors de ses voyages.
Ce travail de longue haleine, effectué par Marie-Laure Jakob, membre du Comité, permettra un retour sur ce passé douloureux afin de faire, quinze ans après, un bilan sur la paix revenue en ex-Yougoslavie.
Il mettra enfin en parallèle la démarche de Martine Libertino en ex-Yougoslavie et son travail de médiatrice pour la paix en Afrique.
contenu des cassettes À écouter
(À venir)
bilan et témoignage sur la formation en rdc
En 2009, le Ministère de l'éducation de la République Démocratique du Congo (RDC) a demandé à Martine Libertino de former vingt-cinq médiateurs pour la paix à Kinshasa. Le travail a débuté en février 2010 et la totalité du contenu de cette formation a été transcrite par Fabienne Lagier, assistante de Martine Libertino pour cette mission.
|

L'Association s'engage à suivre ce travail et à en tirer un bilan sur le plan humain, communautaire et institutionnel.
Elle analysera les moyens mis en oeuvres en 2010 et dans les années suivantes.
Bilan et témoignage sur l'école d'eveil en suisse
Témoignage de Marie-Laure Jakob et de Fabienne Lagier, animatrices de l'Ecole d'éveil.
marie-laure jakob
J'ai pu constater avec bonheur la rapidité avec laquelle mes groupes d'adolescents ont appris à se connaître, à se faire confiance et à parler avec leur coeur.
Au cours de l'année, le témoignage des élèves montrait que les prises de conscience et les techniques de travail que je leur offrais étaient mises en pratique tant à l'école qu'en famille. Les résultats en étaient considérables et l'intérêt de ces derniers croissant.
fabienne lagier
L’enthousiasme des élèves à venir suivre ces cours d’éveil philosophique montre à quel point les jeunes ont soif d’aborder des questions profondes telles que la souffrance, l’amitié, l’amour, la relation au monde des adultes, l’image de soi, la confiance en l’avenir, les conflits et l’autodestruction, la guerre, etc. Ces questions fondamentales ne trouvent pas toujours leur juste place à l’école et à la maison. Elles deviennent alors un sujet de souffrance lorsqu'elles restent sans réponse.
Ces cours insufflent la conscience que l’on peut vivre heureux, trouver sa place, une plus grande confiance en soi et en la vie. Ils offrent des outils pour que les élèves comprennent leurs souffrances (ainsi que celles de leur entourage) et apprennent à les dépasser par la connaissance de leur personnalité et de leurs besoins.
martine libertino, conceptrice de l'école
J'ai créé cette école afin que les enfants et les jeunes puissent réfléchir au sens de la vie, mais surtout afin qu'ils cessent, devenus adultes, de regretter les années perdues à essayer de comprendre pourquoi ils souffrent ou font souffrir les autres.
Depuis trente ans, j'insiste sur l'importance de l'éducation spirituelle et philosophique (indifféremment de l'éducation religieuse) dès le plus jeune âge afin que notre société devienne plus solidaire et que les guerres et les injustices cessent.
Les pays occidentaux, ancrés dans leur vision rationnelle et intellectuelle du progrès n'en voient pas toujours la nécessité alors que l'Afrique en a saisi l'enjeu. Les souffrances de ce continent en sont peut-être les raisons ? Mais les raisons importent-elles dès lors que nous comprenons l'importance de nos priorités.
Il serait dommage que les grandes puissances et l'Europe ne soient pas au rendez-vous des bonnes prises de conscience et des choix judicieux qui pourraient enfin conduirent l'Humanité à ne plus souffrir.
Dès 2010, ma mission en RDC (République démocratique du Congo) s'attachera à créer des groupes de travail dans les domaines majeurs de la société.
Dans celui de l'éducation, les tâches principales en seront la formation des responsables de l'enfance, dont les enseignants et les psychothérapeutes, et la création de cours de philosophie dans le système scolaire (primaire et secondaire). Cette mise en place de longue haleine permettra de travailler à la racine du mal par la compréhension des programmations émotionnelles qui conduisent un pays au déséquilibre, puis par la gestion et l'élimination de ces dernières.
La fin de l'année 2010 et les trois années à venir permettront de dire si l'approche que je défends depuis si longtemps est réaliste ou utopique.
|